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Trois phrases avant l'entretien

  • Qui se rend à un entretien scolaire sans préparation parle de ses émotions et repart sans rien.
  • Trois phrases, notées à l'avance : la phrase sur le sujet, la phrase sur la demande, la phrase sur la limite.
  • La partie la plus efficace arrive après, quand tu notes ce qui a été convenu.

27 août 2026 · 4 min de lecture

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Tu es assis·e dans un entretien avec les parents. En face de toi, deux ou trois personnes qui font cela professionnellement, qui mènent cet entretien pour la quatrième fois aujourd’hui et qui rentrent chez elles à seize heures. À tes côtés, il y a une personne pour qui il s’agit de son enfant. Ce déséquilibre est la raison pour laquelle ces entretiens se terminent si souvent sans résultat. Pas parce que tu serais trop émotionnel·le. Parce que tu es seul·e et que c’est ton enfant.

Ce qui se passe vraiment dans ces entretiens

L’émotion est tout à fait légitime dans cette situation, et pourtant elle ne porte pas ses fruits. Ce qui compte à la fin, c’est un accord écrit par quelqu’un. C’est pourquoi la préparation ne consiste pas à se calmer, mais à rendre la demande si petite et si concrète qu’un « non » devient visible s’il y en a un.

Les trois phrases

  • La phrase sur le fait : ce qui s’est passé de manière observable, sans interprétation ni reproche. « Ces quatre dernières semaines, mon fils a été exclu de la classe trois fois, toujours pendant l’heure qui suit la grande récréation. »
  • La phrase sur la demande : ce que précisément qui doit faire et jusqu’à quand. Une seule chose, pas cinq. « Je vous demande de lui attribuer une place assise un rang plus près du tableau, à partir de la semaine prochaine. »
  • La phrase sur la limite : ce qui pour toi est non négociable. Dit calmement, sans menace. « Ce que je ne peux pas accepter, c’est qu’il soit réprimandé devant toute la classe. »

Écris ces trois phrases à l’avance et emporte-les avec toi. Sur papier, bien visible. Ce n’est pas un signe d’insécurité, mais de préparation, et cela se ressent.

« Pas : « comprenez mon enfant, s’il vous plaît ». Mais : « faites cette seule chose d’ici vendredi, s’il vous plaît. » »

La question à te poser avant

Que faire si c’est non ? Répondre à cette question à l’avance fait la différence entre un entretien qui te laisse impuissant·e et un entretien qui a une suite. Réponses possibles : je demande une justification écrite. Je demande à voir la direction, l’inspection académique ou le service compétent. Je demande un nouvel entretien avec une autre personne présente. Tu n’as pas besoin de le dire pendant l’entretien. Il suffit que tu le saches, alors ta voix sonnera différemment.

Emmène quelqu’un avec toi

Une deuxième personne change la dynamique de cet entretien plus que n’importe quel argument. Elle n’a pas besoin de parler. Elle écoute, elle prend des notes, et elle s’en souviendra plus tard différemment de toi, parce qu’elle n’est pas la mère ou le père. Partenaire, amie, service de conseil, personne de confiance. Et tu peux demander à l’école de préciser qui sera présent de leur côté.

La partie la plus efficace vient après

Après l’entretien, écris trois lignes : ce qui a été convenu, par qui et jusqu’à quand. Puis envoie un court mail : « Je résume ce que nous avons convenu aujourd’hui. » Aimable, factuel, sans reproche. Ce mail est le vrai résultat de l’entretien. Il officialise un accord, il rappelle sans faire de rappel, et il existe encore quand plus personne ne s’en souvient dans trois mois.

Pour les professionnel·les : la même préparation de l’autre côté

Toi aussi, tu peux aborder un tel entretien avec trois phrases, et cela en vaut la peine. La phrase sur le fait, aussi descriptive que possible plutôt que jugée. La phrase sur la demande, concrète et réalisable. Et la phrase sur la limite, qui nomme clairement ce qui n’est pas possible avec les moyens actuels. Les parents accueillent cela mieux que les tentatives de tout rendre possible.

Et une mise en perspective qui désamorce beaucoup de tension : si les parents réagissent immédiatement avec inquiétude lors de ces entretiens, ce n’est généralement pas dirigé contre toi. C’est l’expérience de dix entretiens précédents où ils n’ont pas été entendus. Une phrase comme « je vous crois » au début change les quarante prochaines minutes.

Ce qui ne figure pas ici

Il s’agit de préparation d’entretien, pas de conseil juridique. Si cela concerne des décisions, des délais ou des droits, il faut se tourner vers un service de conseil, et dans bloomnow, tu trouveras la rubrique dédiée aux autorités et à l’école.

Sources

· Roger Fisher, William Ury · Intérêts plutôt que positions comme principe fondamental de la conduite des entretiens

· Documentation des accords · Recommandation standard des services de conseil aux parents dans le domaine de l’éducation

· bloomnow · Rubrique Autorités et école, guide d’entretien scolaire

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