Ce qui puise et ce qui donne : la carte énergétique de votre journée
- Ce n'est pas l'activité qui demande de l'énergie, mais de la faire à un moment précis.
- Trois minutes le soir, pendant une semaine, et une simple impression devient une carte de votre journée.
- La colonne la plus importante s'intitule « ça dépend, et surtout », car c'est là que se trouve la condition pour que quelque chose fonctionne.
Le supermarché en matinée ? Aucun problème. Le supermarché à quatre heures et quart ? Un vrai cauchemar. C’est le même magasin, le même enfant, la même liste de courses. Ce qui a changé, c’est tout ce qui s’est passé entre sept heures et demie et quatre heures.
L’erreur de raisonnement dans la plupart des listes d’énergie
Les listes classiques classent les activités en « coûte de l’énergie » et « donne de l’énergie ». Pour un enfant scolarisé, cela peut induire en erreur, car l’effet ne dépend pas de l’activité elle-même, mais de l’heure de la journée et de ce qui s’est passé avant. C’est pourquoi cette version utilise une frise chronologique.
Quatre lignes : du matin au départ, école et garde, après-midi, soirée.
Trois colonnes : puise de l’énergie, ça dépend..., donne de l’énergie.
Le résultat n’est pas une liste d’interdictions, mais une carte qui montre ce qui peut être déplacé.
La colonne du milieu est la plus importante
« Ça dépend » ne suffit pas. C’est pourquoi cette colonne s’intitule « ça dépend..., à savoir... ». C’est là que sont indiquées les conditions nécessaires pour que l’activité se passe bien.
- Le supermarché est possible si l’enfant a ses écouteurs.
- Une fête d’anniversaire est envisageable si on peut partir après une heure et que c’est convenu à l’avance.
- Les devoirs sont faisables si rien ne s’est passé dans les quarante minutes qui précèdent.
- Une visite est possible si l’enfant a un espace où se retirer.
C’est la seule colonne qui permet d’agir directement. L’erreur la plus fréquente ? Connaître la condition sans la préparer. Une condition non anticipée n’a aucun effet.
« Déplacer plutôt que supprimer. C’est souvent toute la différence. »
Le manque de stimulation est aussi un déclencheur
Dans presque toutes les guides, on ne parle que de surstimulation. Pour un enfant TDAH, le manque de stimulation est tout aussi problématique : attendre, avoir du temps libre, une tâche trop facile, un trajet en voiture sans occupation. Ce qui peut ressembler à de l’opposition ou de l’agitation est souvent une recherche de stimulation. C’est pourquoi cette méthode prend en compte les deux aspects.
Les deux phrases à préparer à l’avance
À la fin de la carte, deux phrases, rédigées et affichées bien en vue :
- Si c’est trop intense, alors… Préciser le lieu et l’action, de manière concrète. Pas de « alors on se calme ».
- Si c’est trop calme, alors… Ici aussi, être précis avec une activité réellement disponible.
Pourquoi rédiger ces phrases à l’avance plutôt que de se contenter d’une bonne intention ? Parce que les phrases « si… alors » préparées à l’avance sont bien plus souvent mises en pratique que les simples intentions. Le psychologue Peter Gollwitzer l’a démontré dans de nombreux domaines. Au moment de la surcharge, personne ne cherche une solution. Elle doit déjà être écrite et affichée.
Pour les professionnel·le·s de l’éducation
Dessinez la journée scolaire sous forme de frise chronologique et repérez les pics de stimulation : arrivée à l’école, couloir, grande récréation, vestiaire, gymnase, déjeuner, chaque changement. Puis posez une seule question : qu’est-ce qui peut être déplacé ? Une évaluation juste après la récréation et une autre avant n’ont pas du tout le même impact pour certains enfants.
La colonne des conditions est aussi utile ici et peut être remplie avec les parents. « Possible avec des écouteurs » est une information qui arrive rarement à l’école, alors qu’elle est déjà connue à la maison.
Par où commencer ?
Pendant une semaine, notez chaque soir en trois minutes : une chose qui a puisé de l’énergie, une qui en a donné. Rien de plus. Ensuite, observez la carte et posez-vous une seule question : quelle activité de la colonne de gauche (énergivore) pourrait être déplacée dans une autre ligne, donc dans un autre créneau horaire ? C’est tout ce qu’il faut pour commencer.
Sources
· Christine Miserandino (2003) · La théorie des cuillères, une image pour représenter un budget énergétique limité
· Winnie Dunn · Profil sensoriel, évaluation systématique des préférences et des difficultés sensorielles
· Peter M. Gollwitzer (1999) · Les intentions d’implémentation, l’efficacité des plans « si… alors »
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